les mauvaises lectures

February 7th, 2010, 14:17

je ne sais pas s’il est sorti, mais en tout cas il était à angoulême: c’est le dernier (eh non, y en aura pas d’autres) numéro de comix club, la revue toujours pertinente animée par big ben et jean-paul jennequin des éditions groinge.

au sommaire de ce numéro, comme on le voit en couverture, un entretien croisé avec trois jeunes pointures de la bande dessinée indépendante états-unienne: alec longstreth, dash shaw et kazimir strzepek. mais aussi une longue et passionnante analyse de la maison close de ruppert et mulot, que l’on doit à nulle autre que julie delporte.

et bien entendu, j’y suis aussi avec deux textes: les mauvaises lectures, qui parle des petits hommes et du scrameustache (puisque je vous le dis!), et un court texte plus général, à quoi sert la critique? qui commence par les mots: «la critique ne sert à rien.» c’est un peu mon petit manifeste personnel — l’autre texte aussi, d’ailleurs, d’une manière un peu tordue. enfin, disons que ce sont deux textes dont je suis assez content, et qui sont sans doute moins polémiques qu’ils en ont l’air, comme ça.

tout ça pour dire que je ne sais pas quand la revue sera disponible en librairie. mais ça ne devrait trop tarder.

la bande dessinée vous appelle-t-elle?

February 4th, 2010, 20:01

c’est comme ça: parfois, jimmy passe quelques mois à barouder dans les vieux pays, et moi je le remplace comme animateur de l’atelier de bande dessinée du cégep du vieux-montréal.

il vous reste donc jusqu’au 11 février pour vous inscrire à cette fameuse activité qui a déjà formé de nombreuses jeunes vedettes du neuvième art québécois. au programme: un peu de blabla mais surtout la construction d’une bande dessinée qui paraîtra dans le prochain numéro de vestibulles. l’atelier est ouvert à tous, y compris les non-étudiants, y compris même ceux et celles qui n’ont jamais touché à un crayon de leur vie. vous pouvez bien dessiner des bonshommes allumettes si c’est ce que vous savez faire, ça n’a jamais empêché personne. tout ce que je vous demande, c’est une certaine ouverture d’esprit, un égo pas trop mal placé, et surtout l’envie de vous lancer plus ou moins aveuglément dans un truc pas forcément facile mais certainement enrichissant.

en vrac:

Durée: 30 heures. 10 mardis, de 18h à 21h
Du 16 février au 27 avril
Étudiants du CVM: 45$
Autres: 90$
Responsable: David Turgeon

on peut trouver plus de détails sur la page des activités culturelles du cégep du vieux-montréal. sur cette page on peut même s’inscrire directement en ligne. alors voilà, plus d’excuses.

le retour fut triomphal

February 4th, 2010, 9:16


angoulême après le festival: une vieille ville française comme les autres, mais avec des ballons rouges

je suis donc de retour dans mes affaires et au cas où vous vous demanderiez, ça s’est formidablement bien passé. j’ai été reçu comme un roi par sébastien et marine, qui à eux deux formaient une sorte de consulat montréalais temporaire à angoulême (et à qui j’ai oublié de redonner les clefs, oups), ainsi que par juhyun et thomas pour un petit crochet final par poitiers ma foi assez bien venu. merci à eux tous pour leur accueil aussi chaleureux que généreux.

résultat des ventes: plutôt pas mal bonnes, en fait. j’ai presque écoulé les 50 exemplaires de salon du livre (oui bon, avec aussi peu de copies, c’est pas un exploit non plus), il faudra donc vous grouiller pour les commander par les internets parce qu’il n’y en aura peut-être bientôt plus. quant à la suite de minerve, ses stocks approchent eux aussi de la fin. il y a même eu quelques ventes de l’histoire absolument impubliable, c’est dire.


notre stand, à un moment où on n’avait pas encore tout écoulé

à part ça, pendant qu’on y était, j’ai rescapé de mes mains nues et meurtries une centaine de mes bouquins mécanique générale que le distributeur français allait envoyer à la solde ou au pilon (voir la page à cet effet dans salon du livre). résultat, j’ai sans doute réussi à mettre ces deux titres dans davantage de mains en quatre jours que pendant toute la durée de leur vie en sol français. c’était ma petite revanche sur l’adversité et la preuve que quand on s’y met, on peut intéresser les gens à des propositions littéraires quelque peu absconses. mais ça, on le savait déjà. (malgré l’interdit critique dont ces deux livres ont fait l’objet en sol québécois, les 400 coups réussissent quand même à en vendre un nombre appréciable, même le cul fermement ancré à leur chaise. imaginez ce que ce serait avec une équipe un tantinet moins léthargique.)

que dire de plus? je suis revenu tout plein de projets en tête, plus déterminé que jamais. cette année, il va se passer quelque chose, reste juste à savoir quoi.

mais d’abord: terminer la muse

minerve en jaquette

January 22nd, 2010, 1:35

je vais vous faire un aveu: je n’ai jamais été très content de la couverture de la suite de minerve: trop sombre, trop vague, trop… cooper black. enfin, la vérité est que je pensais faire quelque chose de plus classique, dans le genre gallimard/minuit, et qu’à la dernière minute je me suis autocensuré, je me suis dit que ça aurait l’air trop prétentieux et j’ai laissé faire. mais voilà que je me retrouvais sans idée précise de ce que j’allais faire pour la couverture. avec jimmy, on a exploré quelques options et puis je me suis rabattu sur le montage que vous connaissez. je me disais, au pire, ça fera un peu dans le style de la couverture de la muse… mais ça n’a pas vraiment donné le résultat escompté, sans parler du fait que les aplats de couleur, en impression numérique, ça donne des résultats mettons assez ordinaires.

bref. je m’en suis accommodé jusqu’à récemment, quand jimmy m’a demandé, simplement: pourquoi ne pas ajouter une jaquette sur les exemplaires restants? idée que j’ai trouvé fort judicieuse; ça donne donc ça:

comme vous le voyez, la jaquette présente, sur toute sa largeur, plusieurs personnages de la suite, dessinés aux crayons de couleurs: vous pouvez donc vous amuser à la déplier pour obtenir une jolie fresque minervoise tout ce qu’il y a de convenable. le résultat (qui doit beaucoup au montage invisible de vincent giard) est instantanément beaucoup plus attirant.

ah, mais j’entends déjà les cris et les pleurs: tous ces fidèles lecteurs qui ont acheté la suite la journée de sa sortie, je les oublie? eh bien, pas nécessairement. j’ai fait imprimer quelques jaquettes supplémentaires pour ceux qui se présenteraient lors d’un salon (angoulême, off québec, expozine, etc.) avec leur exemplaire. je note par contre que la jaquette seule sera vendue 2$ et que les copies vendues avec jaquette verront également leur prix augmenter en conséquence. parce que c’est beau mais c’est quand même pas donné d’imprimer tout ça.

je ne vous cache pas que si je fais ça, c’est pour en vendre. eh. reste que, pour être cohérent avec la couverture originale (qui est quand même toujours là, juste en dessous), j’ai conservé le design du titre et de la description en quatrième de couverture. ce bon vieux cooper black est donc là pour rester un petit moment.

alors, un dernier rappel (ça ne fait pas de mal): si vous venez au festival de la bande dessinée d’angoulême (le seul, l’unique), passez par le stand colosse, on aura des beaux livres pour vous, y compris la suite dans sa merveilleuse nouvelle jaquette, mon petit nouveau salon du livre, sans oublier bien sûr l’histoire absolument impubliable. tout plein de belles lectures en perspective. en tout cas moi j’ai bien hâte de revoir les amis français et belges, et de rencontrer de nouvelles têtes. j’espère vraiment vous y voir!

colosse aux angoulêmes!

January 19th, 2010, 3:20

ceux qui ont suivi de près l’aventure colosse jusqu’à maintenant (et qui, par exemple, ont déjà commandé tous les colosses qui leur manquent sur le nouveau site officiel de colosse) savent que normalement, lorsqu’on sort des colosses, c’est qu’un événement se pointe à l’horizon où on pourra rencontrer notre chaleureux public et leur refourguer toutes ces belles choses. mais j’ai beau regarder, le festival de la bande dessinée de québec c’est pas avant le printemps alors qu’est-ce qui peut bien presser? mais angoulême bien sûr!

pour la première fois de son histoire, colosse sera présent (ici j’aimerais un roulement de tambour, merci) à angoulême! c’est-à-dire qu’on aura notre propre table où on vendra nos bouquins à prix avantageux et avec dédicaces selon la disponibilité de l’auteur. on vous prépare une équipe du tonnerre (il n’y a pas d’autre mot): jimmy beaulieu bien sûr, mais aussi vincent giard, julie delporte, zviane et même un rescapés extra-colossal, soit luc bossé. les visiteurs pourront également y trouver, entre autres, 48, le journal des 48 heures de la bande dessinée de montréal, et dont il s’agira des derniers exemplaires.

ce sera, du reste, l’occasion de lancer trois nouveaux colosses tout petits tout frais:

  • mousseline et le metteur en scène, nouveau comix de jimmy beaulieu, à ne pas confondre avec la mousseline précédemment citée;
  • ça s’est passé en 2006 dans un autobus de longueuil, qui comme son titre l’indique est le nouvel opus de zviane;
  • et, bien entendu, salon du livre, dont on parlait il y a quelques jours.

les autres colosses disponibles (sachant que les stocks s’amenuisent de jour en jour) seront également présents. prévoyez certaine dépense. en outre, jimmy et moi nous ferons forts de vous offrir nos livres mécanique générale, possiblement à prix défiant certaine compétition. comme ça tout le monde sera content.

notez qu’un merveilleux catalogue colosse tout neuf vous sera offert avec tout achat. ce catalogue est assez particulier en soi puisque, à la place des résumés, couverture et autres banalités, il contient une série de dessins originaux griffonés avec soin par tous nos auteurs… j’aime tout particulièrement le dessin qu’a fait julie delporte pour illustrer la suite de minerve. ah, mais pour voir ça faut acheter hein, non mais. (l’offre est aussi disponible pour ceux qui achètent via le site web. mais oui.)

et… croyez-le ou non, c’est pas fini pour les annonces. il y a une toute petite chose supplémentaire au menu.

une pièce à charge

January 18th, 2010, 23:37

le salon qui n’en était pas un

January 16th, 2010, 1:42

il y a les livres qu’on planifie longtemps d’avance et qu’on ne commence jamais; et puis il y a les livres qu’on commence sans s’en rendre compte, à la faveur d’une occasion, et qui finalement prennent plus de place que prévu et qu’on décide de terminer tant qu’à faire.

or il y a quelques mois (rappelez-vous: c’était le 23 avril dernier), j’avais participé à un collectif intitulé le livre. c’était un fanzine qu’on avait improvisé à six à la librairie gallimard et ça avait donné un résultat ma foi assez sympathique. certains des auteurs présents ont d’ailleurs ultérieurement publié leur contribution: vincent dans son aplomb (c’est l’histoire qui a un titre très long qui commence par «on devait faire en quelques heures…»), et jimmy dans côte nord (c’est l’histoire qui s’appelle «mousseline et le metteur en scène», bizarrement et vous verrez bientôt pourquoi). quant à moi, j’ai bâclé six pages autour d’un concept qui s’appelait «littérature», et qui mettent en scène (pour la plupart) un auteur, ou en tout cas quelqu’un qui se prétend auteur de quelque chose, dans un monologue très statique et très solitaire.

le procédé, vous le voyez bien, n’est pas particulièrement original: trondheim a fait la même chose avec ses psychanalyse et monolinguistes, big ben avec son albert le grand, sherwin tija avec ses pedigree girls et y a même un truc qui s’appelle dinosaur comics sur les internets qui répond audit signalement. les oubapiens, d’ailleurs, ont baptisé cette technique hautement paresseuse du nom d’itération iconique, ce qui signifie que j’ai fait de l’oubapo sans le vouloir, j’ai pas fait exprès je le jure.

quant à faire des gags autour de cette chose qui s’appelle la littérature, c’est idiot mais françois ayroles vient de publier les lecteurs, autant dire que je ne suis pas dans le coup mais alors pas du tout.

mais je ne suis pas pour m’en faire avec ces broutilles, d’ailleurs françois ayroles il en a lu quelques pages et il a même esquissé un sourire à leur endroit. quant à l’itération iconique: ha! ces photocopieurs du dimanche? moi, chaque case est dessinée à la main ce qui, vu la complexité dudit dessin, me prend environ 10 minutes par page, reste plus qu’à trouver le contenu du monologue.

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