Archive for the 'nouvelles lectures' Category

paratexte et bande dessinée

Friday, April 11th, 2008

c’est vendredi, jour de publication de du9. et surprise (ou peut-être pas, à ce point-ci), on y trouve une nouvelle «nouvelle lecture» maison, cette fois-ci sur le sujet du paratexte:

À chaque discipline sa théorie. L’étude de la bande dessinée (et plus généralement des littératures dessinées), maintenant active mais longtemps moribonde, accuse quelque retard sur les disciplines équivalentes en littérature écrite ou en arts visuels. Cette situation n’est pas problématique en soi. Les critiques écriront et la théorie se fera. Je propose cependant de prendre un raccourci. La théorie littéraire, par exemple, ne parle pas de la bande dessinée, soit. Mais elle dit des choses générales sur la littérature, et donc sur le livre et sur le récit, qui peuvent très bien s’appliquer en stripologie (j’adopte ici le mot proposé par Harry Morgan pour nommer notre discipline, le trouvant suffisamment bien tourné).

le sujet peut sembler «académique» mais il ne l’est pas tant que ça. enfin, vous savez bien que je ne suis jamais allé à l’université et que je n’ai aucun intérêt à écrire des articles qui ne seront lus que par trois spécialistes. autant s’arranger pour être compris de quiconque étant prêt à un effort minimal de lecture. alors allez-y et lisez la suite. les visiteurs de du9 ont déjà commencé à laisser des commentaires, ce qui laisse (peut-être) présager un petit peu de polémique. qui a dit que la théorie était une chose ennuyeuse?

des carottes (I)

Friday, April 4th, 2008

le festival trondheim continue chez du9:

«Tout a commencé à une réunion de l’Association en 1990 où je vois les premières planches du Galérien de Stanislas. Leur gabarit simple et constant de trois cases sur quatre ainsi que leur côté feuilletonesque et improvisé me donne une envie jalouse de faire pareil. Seulement, je ne sais pas dessiner.»

Ainsi Trondheim débute-t-il l’«Avant-propos» à Lapinot et les carottes de Patagonie, livre qui paraîtra en 1992. Le projet, au départ, est simple: improviser une histoire sur «mettons… 500 pages». L’auteur en dessinera 424, d’octobre 1990 à la moitié de 1991. Il passe ensuite à d’autres projets au sujet desquels je reviendrai. Il dessine enfin les 76 pages restantes en 1992, sur insistance de collègues et amis, terminant le livre alors que les premiers cahiers sont déjà imprimés. Sans compter la période d’arrêt entre les pages 424 et 425, Trondheim n’a passé en tout et pour tout que 12 mois sur ce livre imposant, ce qui fait une moyenne d’environ 42 planches par mois, chacune comportant un gaufrier de 12 cases — 6000 cases en tout.

c’est la première partie d’une dissertation (que j’espère intéressante) sur lapinot et les carottes de patagonie qui, comme certains le savent, a une importance toute particulière dans mon panthéon personnel (et je sais que je ne suis pas tout seul dans ce cas). plus précisément, on y parle contraintes. allez lire ça et dites-moi ce que vous en pensez. la suite dans deux semaines, où on discutera de zoomorphisme.

garfield minus garfield

Thursday, March 27th, 2008

comme promis, c’est la salve de nouvelles lectures de chez du9 qui continue. aujourd’hui, je parle d’un petit phénomène internet plutôt ravageur dans son genre, en l’occurence un site qui s’appelle garfield minus garfield et qui consiste exactement en ce que son titre annonce.

mon texte commence par un petit paragraphe de mise en contexte pour ceux et celles qui ne sont pas familiers avec la page de comics du journal nord-américain typique:

Dans le petit monde du comic strip américain, il y a les précaires et les increvables. C’est à dire qu’il y a peu d’entre-deux. D’un côté, des strips au succès modeste, publiés par une poignée de journaux, à la merci du moindre chambardement éditorial. De l’autre les «élus»: Blondie, Hagar The Horrible, For Better Or For Worse et bien sûr l’inévitable Garfield, que les francophones connaissent surtout d’après sa traduction parue chez Dargaud.

après, ça devient un peu plus juteux. évidemment, tout ça est un prétexte fort peu subtil pour parler critique, réappropriation et détournement. la suite par ici, messieurs dames…

(en me relisant, je note avec amusement une certaine proximité thématique, certainement involontaire, avec l’article de la semaine passée sur les cases photocopiées de trondheim…)

trondheim avant les carottes

Monday, March 24th, 2008

comme certains d’entre vous le savent, je planche présentement sur un essai au long cours dont le sujet est lewis trondheim. c’est aussi un prétexte pour blablater sur divers sujets en rapport à la bande dessinée qui m’intéressent à la fois comme lecteur et comme auteur. ma deuxième missive sur le sujet décrit succintement les «débuts» de trondheim:

La légende veut que Lewis Trondheim ait appris à dessiner en 1990, lorsqu’il attaqua les 500 pages de Lapinot et les carottes de Patagonie. C’est du moins ce que beaucoup, moi inclus, ont compris de l’«Avant-propos» de ce livre fondateur. Et c’est une belle histoire, mais la réalité est quelque peu différente. En fait, Trondheim dessinait déjà tout à fait convenablement avant de commencer les Carottes.

on peut lire tout ça, comme toujours, sur du9. c’est à dire par ici…

et ça continue dans deux semaines… (dans une semaine, il y aura un autre texte sur un autre sujet. je vous en reparle.)

avis d’orage en fin de journée

Thursday, February 21st, 2008

allez, hop, une nouvelle critique chez du9, cette fois du livre de christian rosset, avis d’orage en fin de journée, «hantologie» d’essais sur la bande dessinée parue récemment à l’association, collection «éprouvette»:

Quoique sa plume s’inscrivait amplement dans l’esprit des trois numéros de L’Éprouvette (la revue), il me semble que Christian Rosset n’y ait jamais été tout à fait à sa place. Ses chroniques discrètes, bavardes, «labyrinthiques» (pour reprendre un mot de l’introduction), faisaient un peu tache d’huile au sein d’une publication où fusaient tapages, indiscrétions et coups d’éclat. Comme lecteur je voyais que ces chroniques étaient là, j’en lisais un extrait ou deux quand j’y reconnaissais un nom propre ou que j’y apercevais un beau mot mais, déjà attiré par l’article suivant, je tournais la page, me promettant bien d’y revenir un dimanche de pluie ou un autre.

et pour lire l’article, c’est par là.

trondheim autobiographique(s)

Thursday, February 7th, 2008

les nouvelles lectures de chez du9 continuent, cette fois avec un exposé des approches autobiographiques chez lewis trondheim:

Parmi toutes les voies qui mènent de l’œuvre de Trondheim à son créateur, l’autobiographie a l’avantage d’être la plus directe. On le sait, l’autobiographie est une veine féconde de sa foissonnante bibliographie, à commencer par les six volumes d’Approximate Continuum Comix (1993-94), éventuellement compilés en un volume appelé Approximativement, jusqu’aux récents Petits riens (commencés en 2006 et toujours en cours). Entre les deux, plusieurs volumes ouvertement autobiographiques : les Carnets de bord (2001-03), bien sûr, ainsi que Désœuvré (2005), mais aussi Les Aventures de l’Univers (1997), qu’on oublie parfois. Je tenterai ici une approche générale de ces œuvres, utilisant pour cela des chemins de traverse entre elles, chemins qui pourront éventuellement rejoindre d’autres œuvres, non spécifiquement autobiographiques, de l’auteur.

la suite de l’article, dont je suis pas mal content, est de l’autre côté de ce lien fort subtil. tout ceci fait partie d’un projet sur lequel je travaille présentement autour de l’oeuvre protéiforme de trondheim. il est donc fort probable que j’en publie d’autres extraits plus tard, toujours via du9.

l’autre fin du monde

Thursday, January 17th, 2008

eh oui, encore une nouvelle «nouvelle lecture» (faute d’autre chose) de chez du9. j’ai commis cette fois une critique du monstrueux livre d’ibn al rabin, l’autre fin du monde, paru en 2007 aux éditions atrabile, et nommé à angoulême cette année. je crois que cette critique n’est pas trop mal écrite mais à la relecture je note plusieurs formules un peu lourdes ou académiques. c’est un défaut que je tente de corriger (avec un succès variable) dans mes nouveaux textes. (je parlais justement hier avec une amie de la difficulté d’écrire dans un français un tant soit peu «stylisé» sans s’empêtrer dans les formules toutes faites et autres lieux communs.) enfin, voici comment ça commence:

Ce qu’il faut d’abord envisager, il me semble, pour parler d’un ouvrage aussi imposant que l’Autre fin du monde, c’est la possibilité qu’il soit resté à l’état de manuscrit de 1100 pages. Imaginons un moment cette éventualité. Les collègues de l’artiste, qui auraient eu vent de la chose, se feraient fort d’informer le reste du monde de son existence, d’abord sur le mode de la rumeur, puis sur celui du fait avéré. D’ici et là nous parviendraient des échos comme quoi Ibn al Rabin a écrit, projet insensé, une bande dessinée de mille quelques pages. Les amateurs éclairés, dans les forums, les festivals et ailleurs, crieraient à l’injustice, exigeraient la publication immédiate de l’œuvre dans l’état. On voudrait voir l’objet en face, le toucher de ses mains. On voudrait le fouiller, l’analyser, théoriser sur son dos. Bref, sans même l’avoir lu, on voudrait que le livre existe. Autant dire donc que la publication de ce livre, dans le contexte critique actuel, avait quelque chose d’un peu inévitable.

la suite? mais par ici, bien entendu

autre petite annonce, je commence un strip, le DOGME, pour le journal quartier libre. le premier épisode est paru cette semaine, la suite au prochain numéro, et ainsi de suite jusqu’à ce qu’on me fiche le pied au cul. c’est un strip, disons, plutôt atypique… je mettrai ça sur mon blogue dans les prochains jours.