Archive for the 'nouvelles lectures' Category

adaptation ou appropriation?

Friday, December 4th, 2009

dans la série «l’art se faire des amis», voici une nouvelle petite humeur de chez du9 qui tente de mettre le doigt sur un bobo qui en gratte quelques uns ces derniers temps:

Il paraît qu’on voit ces jours-ci poindre ici et là moult débats savants autour d’un sujet très ennuyeux qui est: l’adaptation en bande dessinée. Autant vous faire tout de suite cette confidence: ces débats-là m’ennuient, je vois bien où ils veulent en venir mais aucun intervenant, jusqu’à maintenant, ne m’a semblé donner une réponse conclusive à cette question qui en est une de justification: peut-on adapter des œuvres de médias divers (roman, film…) en bande dessinée? Là-dessus, tout le monde s’entend pour dire bien sûr, mais certains font mais. Toutes les adaptations, en effet, ne se valent pas. Et à partir de ce constat, ce qu’il faut vraiment essayer d’éclaircir, semble-t-il, c’est ce qui fait que certaines adaptations — trop rares — fonctionnent et que d’autres — la plupart — nous semblent pauvres, au mieux redondantes. D’où cette modeste proposition faite aux auteurs de s’abstenir d’adapter, du moins faute d’idée de génie. Et là-dessus, les tenants de l’adaptation — qui sont parfois eux-mêmes des adapteurs — nous posent cette question ma foi fort légitime: où s’arrêter, où tracer la ligne? Qu’est-ce qui différencie une bonne adaptation d’une mauvaise? C’est alors que les esprits, au lieu de s’échauffer, s’échappent du débat comme le vieil air d’un ballon de baudruche. Voilà le débat évanoui quelques temps, qui recommencera à la prochaine parution du catalogue de «Fétiche» ou d’«Ex-libris»… lire la suite »

et pour le moment, c’est tout, parce que je n’ai pas eu l’occasion d’avancer sur la muse ces derniers jours. pour l’immédiat, de toute manière, j’ai un autre projet que j’espère boucler avant angoulême (en tout cas, ça serait pratique). bref, je fais, comme on dit, mon gros possible.

r comme réédition

Monday, October 19th, 2009

cette semaine dans les «nouvelles lectures», un coup de gueule à l’endroit des multiples rééditions arbitraires et contradictoires de la série gaston:

Lorsque Franquin boucle son album de 1979, Lagaffe mérite des baffes, il décide de le terminer sur une postface explicative où Prunelle, en sa personne d’employé de chez Dupuis, nous offre un petit cours sur la numérotation toute particulière de la série Gaston, culminant en une promesse formelle, en gros et en gras: «IL N’Y A PAS, IL N’Y AURA JAMAIS D’ALBUM GASTON No 5!!» Cette promesse fut, on le sait, brisée, et de deux manières bien différentes. Or, Dupuis nous annonçant pour bientôt une ènième «réédition» de Gaston, il me semble aujourd’hui opportun de refaire depuis le début le trajet de cette étonnante entreprise éditoriale qui commence par une histoire de numérotation et qui se termine ostensiblement en histoire de gros sous. lire la suite »

ça se trouve comme d’habitude par là, c’est-à-dire sur le site du9.

à part ça, faut pas s’inquiéter si je ne donne pas de nouvelles; ma vie est déjà bien remplie sans que j’en rajoute sur mon blogue. mais, soit dit en passant, je me suis remis assez sérieusement à dessiner; plus précisément je me suis remis à un projet qui attend sa suite depuis bien trop longtemps…

le loup gris de la désolation

Tuesday, September 29th, 2009

avec quelque retard, je note une chronique écrite par moi et publiée récemment, où ça mais sur du9 bien entendu.

La guerre, on le sait, est une affaire d’hommes. Mouais. Disons une affaire de grands garçons: il faut quand même manquer d’une certaine maturité pour s’extasier de postures guerrières, de dialogues dont le sérieux éhonté ne fait que masquer l’abjecte réalité des carnages qu’ils éludent. De quel genre d’honneur est l’honneur du soldat? Le même que pour n’importe quel assassin, quelle que soit sa cause: un honneur sans doute factice, mais terriblement photogénique. lire la suite »

or donc, cette merveilleuse chronique rend compte du second tome de la série commando colonial par appollo et brüno. et… c’est ça qui est ça.

sinon, il y a des projets qui se trament, mais en arrière-plan… je vais essayer de ne pas complètement abandonner ce blogue pour autant. je dis bien essayer.

en attendant: lancement demain à montréal de deux excellents nouveaux colosses par jimmy beaulieu et vincent giard.

rêve en cage

Wednesday, July 15th, 2009

et hop, une nouvelle chronique pour du9, cette fois autour de rêve en cage, dernier tome en date de la série capricorne d’andreas:

Certains voudraient vous faire croire que la manière optimale de lire Capricorne est la même que pour tous ces «cycles» feuilletonesques qui pullulent depuis un certain temps: comme il s’agit d’un seul récit se suivant sur plusieurs volumes, l’idéal, à la parution de chaque nouveau tome, est forcément de parcourir d’abord l’ensemble des tomes précédents, se remémorer personnages, lieux, enjeux et tout le reste, et seulement après tout ça on ouvre le dernier tome, armé de toute la connaissance nécessaire, prêt à s’insérer dans l’histoire, juste avant la page inaugurale d’un chapitre pas encore défloré. Je ne sais pas si tous les lecteurs suivent ce rituel mais il me semble qu’il s’impose de lui-même: autrement, bien souvent, à moins de posséder une mémoire phénoménale, on n’y comprend plus rien.
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comment? je vous ai promis des nouvelles à propos du nouvel épisode de locus amoenus et je n’ai rien livré? ah mais oui… c’est bien vrai… bon, un peu de patience, encore? vraiment…

un tour de magie au lotus bleu

Saturday, June 20th, 2009

il y a quelques années, de passage à paris, j’étais allé avec un ami (pierre, qui se reconnaîtra s’il passe dans le coin) à beaubourg, voir la fameuse exposition hergé où était exposée, entre autres choses, l’intégrale des originaux du lotus bleu première version. c’est lors de cette visite que m’est apparu pour la première fois une faille assez fascinante dans cette œuvre, sur laquelle je n’avais pas eu l’occasion d’écrire depuis. et bien entendu ça fait un nouvel article pour du9 dont voici un extrait:

J’imagine ici un jeune auteur planchant sur son feuilleton, au moment où il rédige les mots du dialogue cité au début de ce texte. Comme son héros, il cherche une manière de résoudre un problème bien réel: comment faire entrer Tintin au Lotus bleu sans qu’il se fasse voir? Il pense bien sûr au déguisement, puis se ravise avec une pointe de contrariété: cette solution du déguisement, il le sait, il l’a sur-utilisée. Il ne peut pas toujours fourbir les mêmes armes. Mais par quelle astuce, alors, Tintin s’introduira-t-il au Lotus bleu? Hergé pense à d’autres solutions, qui lui semblent toutes également prévisibles: bien sûr que Tintin pourrait encore cogner sur quelque garde, trouver une porte dérobée, créer une diversion quelconque, mais tout ça est si éculé! On n’y croit pas une seconde.
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et maintenant que j’y repense, cet article est un peu aussi un hommage au style des lectures de raymond, toujours si inspirantes.

à bientôt pour d’autres petites nouvelles, notamment la suite de locus amœnus!

charlie schlingo était-il poète?

Sunday, May 31st, 2009

grave question que celle qui est posée cette semaine chez du9: charlie schlingo était-il poète?

Charlie Schlingo est un lettré. Un érudit, si vous voulez. Quelqu’un qui canalise ses lectures, les transforme, les rejoue, les remanie, les habite, comme s’il s’agissait d’appartements que l’on peut investir, remeubler à loisir. Il me semble que si l’on voulait rapprocher Schlingo d’un auteur qui lui était contemporain, c’est à Chaland qu’il faudrait penser, justement à cause de cette érudition qui était la leur. Autant Chaland que Schlingo travaillent à partir de leurs lectures, oui, mais en faisant revivre non pas la forme des aventures qu’ils ont lues mais des aspects a priori secondaires: onomatopées, acolytes, conventions, éléments de décor. Il s’agit autant de mettre en veilleuse les grands vecteurs du récit (que de toute manière nous connaissons par cœur) que de faire ressortir des objets banals dont nous n’avions jamais remarqué à quel point ils étaient obsédants, essentiels.

et pour savoir de quoi ça parle vraiment tout ça, il faut lire l’article que je vous ai concocté avec tant de soin.

sibylline retrouvée

Sunday, February 22nd, 2009

ah, çà, pour manquer d’assiduité sur mon blogue, je manque bel et bien d’assiduité. des plans pour que tous mes lecteurs m’aient quitté, et depuis longtemps. surtout que je ne reviens que pour vous faire part de quelque chose que, si comme tous les gens de qualité vous suivez du9, vous êtes déjà au courant, est-ce bien la peine, etc.

Tout avait bien commencé pourtant: au milieu de la décennie 1950, l’auteur a trente-deux ans et possède déjà à son actif trois beaux albums cartonnés dans la prestigieuse collection du Lombard. Puis voilà que l’éditeur le déclasse en «collection Jeune Europe»: au luxe du carton succèdent de modestes couvertures souples. Disons que le prestige est moindre. Qu’à cela ne tienne: Macherot livre deux chef-d’œuvres au journal Tintin (les Croquillards et Zizanion le terrible) mais l’éditeur oublie de les éditer, embarrassé peut-être par quelques allusions politiques, ne digérant en tout cas pas trop cette manie qu’a l’auteur à nous rappeler qu’un carnivore est toujours l’assassin de son repas.

eh oui, c’est le fameux article interminable sur macherot que je promettais depuis longtemps de faire. c’est tellement long que c’est en deux parties: la première a été publiée la semaine dernière et la seconde, vendredi dernier. les habitués de ce blogue n’apprendront pas grand-chose sur le grand auteur disparu (à un endroit, j’y reprends même verbatim une partie de mon article «la nuit fantastique de macherot»), le projet étant de rassembler en un long papier des notes qui se trouvaient jusqu’ici éparpillées en blogues, forums et autres conversations.

la nouveauté de ce texte, cela dit, est, à mon avis, d’importance: il s’agit d’une proposition de réédition compréhensive du fonds macherot (certes, le fonds animalier seulement). c’est à dire que j’y suggère ce qui semble pour moi la forme idéale d’une telle réédition. bien évidemment, c’est à nous tous, lecteurs, qu’incombe la tâche de se faire le relais de telles volontés de rigueur éditoriale: n’hésitez donc pas à laisser vos commentaires sur du9, à discuter de la chose sur les forums, voire à écrire directement aux éditeurs.

et pour simplement lire l’article, qui m’a quand même pris quelques mois à boucler, il faut commencer par ici.

je vous reviens bientôt (dans la mesure du raisonnable, mesure qui comme on le sait est infiniment extensible) pour, cette fois, des dessins, et en couleur.