Archive for the 'nouvelles lectures' Category

des carottes (III)

Monday, May 5th, 2008

encore les carottes? c’est qu’il y en a beaucoup à dire:

Lapinot et les carottes de Patagonie doit son titre à sa prémisse initiale: Lapinot part à la recherche des mythiques carottes de Patagonie, dont la particularité est qu’elles permettent de voler (l’histoire ne dit pas si pour ce faire il faut les manger ou juste en avoir dans son frigo). Autant avertir tout de suite le lecteur: on ne verra pas l’ombre d’une carotte de Patagonie tout au long de ces 500 pages que je feuillette aujourd’hui pour une ènième fois dans le but d’y repérer les articulations significatives.

Les Carottes n’ayant ni chapitres ni table des matières, je me propose ici de découper le livre en «parties», question de dégager les grandes lignes de ce récit aussi complexe qu’échevelé. En l’occurence, les trois premières parties (pl. 1 à 134) me semblent d’une importance particulière et je les examinerai ici de manière plus exhaustive.

et voici donc la suite… il y aura une quatrième partie au cycle des carottes mais elle n’est pas tout à fait prête. de toute manière, je ne veux pas abuser non plus de l’indulgence du lecteur face à ce travail un peu pointu. :) en attendant, je réfléchis aux prochains articles.

acme novelty library (volume 18)

Friday, April 25th, 2008

nouvelle semaine, nouvelle lecture. aujourd’hui on vous parle du dernier acme novelty library de chris ware:

Bon an mal an, Chris Ware publie un nouveau numéro de sa luxueuse revue Acme Novelty Library. C’est l’occasion de se mettre au parfum, de découvrir ses plus récentes pages, qui éventuellement (ou non) feront partie d’un livre à paraître. Et comme ce livre ne se matérialisera manifestement pas avant plusieurs années, ces livraisons annuelles s’avèrent un investissement tout à fait recommandable pour les bibliophiles et les impatients.

comme toujours, c’est chez du9 et on peut lire ça en suivant le lien…

des carottes (II)

Friday, April 18th, 2008

le festival trondheim de chez du9 n’arrête pas:

Trondheim, toujours dans l’«Avant-propos» aux Carottes, identifie comme influences majeures Carl Barks et Floyd Gottfredson. Le grand public est plus familier de leur employeur, Walt Disney, qui signait son nom à leur place. Barks et Gottfredson sont les auteurs de référence, respectivement, des strips Uncle Scrooge (Picsou) et Mickey Mouse. Et c’est sous leur égide que Trondheim choisit de faire de l’animalier.

eh oui, vous l’avez deviné (en tout cas c’est ce que j’assume tout de go), ce chapitre parle de bande dessinée animalière. allez me lire ça et dites-moi ce que vous en pensez.

à part ça, un petit mot pour dire que je serai à québec en fin de semaine, dans le cadre du FBDFQ. pas de séance de dédicaces de prévu (je n’y tenais pas…) mais pour ceux qui veulent me rencontrer, je serai presque toujours à l’OFFiciel (au cercle, sur saint-joseph) où on pourra trouver, entre autres, mon plus récent livre qu’est-ce qui fait la beauté du monde?, au tirage confidentiel (et numéroté). il y aura aussi des nouveaux livres de philippe girard, jimmy beaulieu, iris, pierre bouchard et (peut-être) sébastien trahan. zviane sera présente aussi. bref, plein de beau monde qui viennent vous voir, juste vous autres, gens de québec. soyez-y!

paratexte et bande dessinée

Friday, April 11th, 2008

c’est vendredi, jour de publication de du9. et surprise (ou peut-être pas, à ce point-ci), on y trouve une nouvelle «nouvelle lecture» maison, cette fois-ci sur le sujet du paratexte:

À chaque discipline sa théorie. L’étude de la bande dessinée (et plus généralement des littératures dessinées), maintenant active mais longtemps moribonde, accuse quelque retard sur les disciplines équivalentes en littérature écrite ou en arts visuels. Cette situation n’est pas problématique en soi. Les critiques écriront et la théorie se fera. Je propose cependant de prendre un raccourci. La théorie littéraire, par exemple, ne parle pas de la bande dessinée, soit. Mais elle dit des choses générales sur la littérature, et donc sur le livre et sur le récit, qui peuvent très bien s’appliquer en stripologie (j’adopte ici le mot proposé par Harry Morgan pour nommer notre discipline, le trouvant suffisamment bien tourné).

le sujet peut sembler «académique» mais il ne l’est pas tant que ça. enfin, vous savez bien que je ne suis jamais allé à l’université et que je n’ai aucun intérêt à écrire des articles qui ne seront lus que par trois spécialistes. autant s’arranger pour être compris de quiconque étant prêt à un effort minimal de lecture. alors allez-y et lisez la suite. les visiteurs de du9 ont déjà commencé à laisser des commentaires, ce qui laisse (peut-être) présager un petit peu de polémique. qui a dit que la théorie était une chose ennuyeuse?

des carottes (I)

Friday, April 4th, 2008

le festival trondheim continue chez du9:

«Tout a commencé à une réunion de l’Association en 1990 où je vois les premières planches du Galérien de Stanislas. Leur gabarit simple et constant de trois cases sur quatre ainsi que leur côté feuilletonesque et improvisé me donne une envie jalouse de faire pareil. Seulement, je ne sais pas dessiner.»

Ainsi Trondheim débute-t-il l’«Avant-propos» à Lapinot et les carottes de Patagonie, livre qui paraîtra en 1992. Le projet, au départ, est simple: improviser une histoire sur «mettons… 500 pages». L’auteur en dessinera 424, d’octobre 1990 à la moitié de 1991. Il passe ensuite à d’autres projets au sujet desquels je reviendrai. Il dessine enfin les 76 pages restantes en 1992, sur insistance de collègues et amis, terminant le livre alors que les premiers cahiers sont déjà imprimés. Sans compter la période d’arrêt entre les pages 424 et 425, Trondheim n’a passé en tout et pour tout que 12 mois sur ce livre imposant, ce qui fait une moyenne d’environ 42 planches par mois, chacune comportant un gaufrier de 12 cases — 6000 cases en tout.

c’est la première partie d’une dissertation (que j’espère intéressante) sur lapinot et les carottes de patagonie qui, comme certains le savent, a une importance toute particulière dans mon panthéon personnel (et je sais que je ne suis pas tout seul dans ce cas). plus précisément, on y parle contraintes. allez lire ça et dites-moi ce que vous en pensez. la suite dans deux semaines, où on discutera de zoomorphisme.

garfield minus garfield

Thursday, March 27th, 2008

comme promis, c’est la salve de nouvelles lectures de chez du9 qui continue. aujourd’hui, je parle d’un petit phénomène internet plutôt ravageur dans son genre, en l’occurence un site qui s’appelle garfield minus garfield et qui consiste exactement en ce que son titre annonce.

mon texte commence par un petit paragraphe de mise en contexte pour ceux et celles qui ne sont pas familiers avec la page de comics du journal nord-américain typique:

Dans le petit monde du comic strip américain, il y a les précaires et les increvables. C’est à dire qu’il y a peu d’entre-deux. D’un côté, des strips au succès modeste, publiés par une poignée de journaux, à la merci du moindre chambardement éditorial. De l’autre les «élus»: Blondie, Hagar The Horrible, For Better Or For Worse et bien sûr l’inévitable Garfield, que les francophones connaissent surtout d’après sa traduction parue chez Dargaud.

après, ça devient un peu plus juteux. évidemment, tout ça est un prétexte fort peu subtil pour parler critique, réappropriation et détournement. la suite par ici, messieurs dames…

(en me relisant, je note avec amusement une certaine proximité thématique, certainement involontaire, avec l’article de la semaine passée sur les cases photocopiées de trondheim…)

trondheim avant les carottes

Monday, March 24th, 2008

comme certains d’entre vous le savent, je planche présentement sur un essai au long cours dont le sujet est lewis trondheim. c’est aussi un prétexte pour blablater sur divers sujets en rapport à la bande dessinée qui m’intéressent à la fois comme lecteur et comme auteur. ma deuxième missive sur le sujet décrit succintement les «débuts» de trondheim:

La légende veut que Lewis Trondheim ait appris à dessiner en 1990, lorsqu’il attaqua les 500 pages de Lapinot et les carottes de Patagonie. C’est du moins ce que beaucoup, moi inclus, ont compris de l’«Avant-propos» de ce livre fondateur. Et c’est une belle histoire, mais la réalité est quelque peu différente. En fait, Trondheim dessinait déjà tout à fait convenablement avant de commencer les Carottes.

on peut lire tout ça, comme toujours, sur du9. c’est à dire par ici…

et ça continue dans deux semaines… (dans une semaine, il y aura un autre texte sur un autre sujet. je vous en reparle.)