guide de lecture: le grand récit fantastique de macherot

pour faire suite à mon article «la nuit fantastique de macherot», voici un petit guide de lecture de cette période de la série sibylline de raymond macherot que j’appelle le Grand Récit Fantastique.

j’y ajouterai progressivement mes notes de lecture, qui seront surtout des résumés. ne les lisez pas si vous n’aimez pas qu’on vous vole les surprises! ils sont là pour vous aider à lire le Récit dans l’ordre de parution, combler les trous lorsque des épisodes manquent à l’appel, voire retrouver tel ou tel épisode se rappelant soudainement à votre mémoire.

pour chaque titre, j’ai pris soin d’indiquer:

  • S: le(s) numéro(s) de la revue spirou où l’histoire parut originellement;
  • AS: le(s) numéro(s) de l’album spirou recueillant les revues précitées;
  • T: le cas échéant, le tome de publication dans la série sibylline aux éditions dupuis.

j’introduis aussi ici un petit classement, somme toute fort subjectif, et que j’ai emprunté d’un célèbre monsieur tout blanc:

  • : tranquille, cuisinette incluse, toilettes propres;
  • : vue sur la mer, films sur demande, mini-bar;
  • : terrasse privée, corbeille de fruits, pyjamas en soie.

comme on le sait, une bonne partie des épisodes du Récit ne se retrouvent pas en album. il faut donc, pour les retrouver toutes, retrousser ses manches et partir à la recherche des revues ou albums spirou correspondants. c’est bien mon espoir que ces récits se retrouveront un jour édités de manière convenable.

je fais pour l’instant commencer le Récit avec elixir le maléfique mais certains épisodes font référence à des récits antérieurs, notamment sibylline et le petit cirque. il est possible que cette chronologie soit bientôt étendue en conséquence. vos commentaires sont les bienvenus!

bonne recherche!



le guide de lecture

elixir le maléfique (1977, 26pl)

accompagnée de taboum, sibylline se rend au bois de saint-mathieu, où a hérité d’un logis de sa tante hortense. un mystérieux personnage, elixir, les accueille. celui-ci se servira d’eux pour accomplir un plan (passablement compliqué) visant à cambrioler la populace en toute tranquillité. mais c’était sans compter sans l’aide d’un providentiel martien, qui n’est en fait autre que tante hortense elle-même, qui avait organisé le subterfuge afin d’obtenir l’aide de sa nièce. elixir est finalement arrêté.


elixir le maléfique, planche 24A

S 2067 à 2078; AS 147 à 148; tome 7: elixir le maléfique (1979).

burokratz le vampire (1980, 23pl)

un étrange personnage vient hanter les parages: c’est burokratz le vampire. au même moment, des tartes disparaissent; le brigadier soupçonne l’innocent anathème, qui, dégoûté, quitte le pays. flouzemaker prend les choses en mains et, parvenant à piéger burokratz, découvre qu’il s’agit en fait d’un vampire tartophage, bizarre mais sans danger. cette histoire, lente et éthérée, est la première à mettre en avant-plan flouzemaker, qui sera à toutes fins pratiques le héros de quelques aventures subséquentes.


burokratz le vampire, extrait de la planche 15B

S 2181 à 2186; AS 156; T 8: burokratz le vampire (1982).

la puce fatale (1981, 10pl)

c’est l’hiver et gouigoui et alphonse (du petit cirque) font une pause au pays de sibylline. alphonse le chien révèle à flouzemaker qu’il a une puce «pas comme les autres». celle-ci aurait semé la bisbille parmi ses anciens compagnons. sibylline réussit à affaiblir et à capturer la puce, qui se révèle être pistolard, qu’on avait rencontré dans le petit cirque. sans plus de cérémonie, flouzemaker tue la puce d’un coup de pierre.


la puce fatale, extrait de la planche 8

S 2234 à 2235; AS 160; T 8: burokratz le vampire (1982).

le buffet hanté (1981, 11pl)

flouzemaker fait l’acquisition d’un buffet qui se révèle être hanté. une fois brûlé, sa fumée fait apparaître le grand troubadoule (voir le petit cirque) qui le menace de sa vengeance pour avoir tué pistolard dans l’épisode précédent.


le buffet hanté, extrait de la planche 2B

S 2240 à 2241; AS 160; T 8: burokratz le vampire (1982).

flouzemaker et le chapeau magique (1981, 28pl)

elixir, libéré après avoir purgé sa peine, rencontre le grand troubadoule qui lui propose de l’aider à se venger en échange de son âme. le chapeau d’elixir se retrouve ainsi investi de pouvoirs maléfiques. pendant un temps, flouzemaker, qui a opportunément trouvé le chapeau en question et s’en est amouraché, se retrouve ainsi sous l’emprise du grand troubadoule. malgré tout, elixir ne réussit pas à piéger nos héros. le grand troubadoule lui donne une dernière chance en lui donnant l’apparence de flouzemaker. ce plan échoue également et elixir est éliminé par le grand troubadoule sous les yeux ébahis des héros.


le chapeau magique, planche 15A

S 2257 à 2263; AS 162; T 9: sibylline et le chapeau magique (1983).

flouzemaker et patakès (1981, 11pl)

cette histoire est indépendante de la continuité mais elle permet d’introduire le personnage du journaliste patakès, qui reviendra dans certains épisodes subséquents. dans cet épisode, les deux personnages résoudront un cas de disparitions mystérieuses dans le marais. sauf erreur, il s’agit du dernier épisode de sibylline où apparaissent des êtres humains.

S 2273; AS 163; T 9: sibylline et le chapeau magique (1983).

le violon de zagabor (1982, 24pl)

cet épisode voit l’apparition du furet croque-monsieur, être aussi inquiétant que carnivore (il se promène constamment avec un énorme couteau en main). celui-ci a autrefois tué le violoniste zagabor, que ses amies les lucioles se jurent de venger. magiquement, elles se transforment en lucioles d’hiver et leurs petites lueurs auront une grande présence graphique tout au long du récit. ce récit nocturne est d’abord fait d’ambiances et son intrigue tient sur un bout de papier: l’oiseau zabagor (attention de ne pas confondre avec zagabor) a retrouvé le violon, qui le protège. zabagor, son violon et ses lucioles plongent croque-monsieur dans la plus grande crainte, ce qui permettra aux héros de triompher: croque-monsieur est magiquement rapetissé par une luciole et parvient à s’enfuir. il reviendra dans plusieurs épisodes subséquents, souvent en «arrière-plan».


le violon de zagabor, extrait de la planche 17A

à lire sur le site des lectures de raymond: une excellente analyse de cet épisode et du concerto pour croque-monsieur (voir plus bas) avec tout plein d’extraits en prime.

S 2283 à 2286; AS 164; T 10: le violon de zagabor (1984).

flouzemaker en vacances (1982, 5pl)

ce court récit, très anecdotique, présente flouzemaker à la plage, harcelé par une jeune femme quelque peu exaspérante (qui ressemble étrangement à zonzon, secrétaire de chaminou).

S 2297; AS 165; T 9: sibylline et le chapeau magique (1983).

le concerto pour croque-monsieur (1982, 22pl)

croque-monsieur s’est réfugié chez son ami évariste, où il parvient à retrouver sa taille normale. mais il est toujours pris d’une crainte maladive du violon de zagabor. évariste, voulant lui remonter le moral, parvient à subtiliser temporairement le violon mais, aidé de la magie, zabagor en reprend possession. cela ne fait rien pour améliorer le moral de croque-monsieur, jusqu’à ce qu’arrive son vieil ami zakouski, manifestement tout aussi vilain que lui. croque-monsieur reprend du poil de la bête (si j’ose dire) et à eux trois, ils se remettent à chasser et à bouffer les habitants de la lande.


le concerto pour croque-monsieur, planche 16A

jusqu’à ce que, bien évidemment, le violon de zagabor se fasse une nouvelle fois entendre: zakouski et évariste partent à la recherche de zabagor mais ils se trompent et capturent un oiseau à la ressemblance fort opportune, qui avait entretemps volé le violon et le chapeau de zabagor… ils mangent l’oiseau mais oublient le violon et croque-monsieur aperçoit au loin le «fantôme de zagabor», jouant toujours de son violon, destiné à le hanter à jamais.

S 2332 à 2336; AS 167 à 168; T 10: le violon de zagabor (1984). dans le journal spirou, cet épisode était présenté sous le titre «sibylline et le kulgude» (voir plus bas pour le «vrai» kulgude).

chloroforme cherche un toit (1983, 1pl)

ce récit d’une page, sans rapport avec le Grand Récit (mais si on ne le recense pas, qui le fera?), est lié aux activités promotionnelles entourant le 45e anniversaire de spirou. alors que l’hiver approche, un loir nommé chloroforme trouve une demeure douce et confortable qui s’avère être le chapeau de groom de spirou. l’allusion est assez claire?

S 2334; AS 168.

sibylline et le kulgude (1983, 25pl)

ce récit commence en automne puis saute à l’hiver. dans la première partie (qui fait cinq pages et demie) la vieille sorcière zulma obtient une seconde jeunesse, mais pour cela elle doit sacrifier sa nièce. puis on est dans la lande, où de mystérieuses apparitions d’un être fantastique appelé le kulgude sèment l’émoi: on dit qu’en suivant le kulgude dans son terrier, on trouvera un trésor. tout cela s’avère un piège fort élaboré, concocté par zulma et son compagnon, le «savant» trougnou (on devine qu’ils sont d’anciens amants). ceux-ci parviennent à capturer une jeune femme qui permettra de compléter la cure de jouvence de zulma. mais l’opération échoue brutalement, tuant zulma et la jeune femme. l’histoire se termine sur trougnou pleurant son amour perdu. trougnou reviendra dans la plupart des épisodes subséquents, où il prendra tout naturellement le rôle du méchant.


sibylline et le kulgude, planche 16A

S 2350 à 2355; AS 169; T 11: sibylline et le kulgude (1985).

la nuit fantastique (1983, 24pl)

après que trougnou ait raté une nouvelle expérience, le grand troubadoule apparaît dans la fumée de son cigare. celui-ci le nargue et demande son allégeance. trougnou croit pouvoir neutraliser le grand troubadoule et s’emparer de ses pouvoirs, mais c’est un nouvel échec. c’est alors que la mystérieuse «mutante» mirmy popcorn apparaît et emmène trougnou sur l’île où vivait zulma.


la nuit fantastique, planche 17A

celle-ci, devenue un fantôme, l’accueille et lui explique que le grand troubadoule est celui qui a fait rater toutes ses dernières expériences, y compris «l’œuf de jouvence» du kulgude. mais le grand troubadoule a un ennemi, le zéladon noir, qui apparaît sous la forme d’une fleur. c’est le zéladon noir qui a envoyé mirmy popcorn dans la lande et c’est grâce à ses conseils que trougnou parvient — enfin! — à éliminer pour de bon le vilain troubadoule. cette courte aventure nocturne, particulièrement obsédante, est le premier inédit d’importance du Récit: y sont introduits mirmy popcorn ainsi que le zéladon noir, qui reviendront fréquemment. les protagonistes usuels y sont à peu près absents.

S 2367 à 2371; AS 170.

patakès et le pignou (1984, 9pl)

le journaliste patakès doit trouver un sujet sensationnel pour un nouvel article. craignant qu’il ne fouille trop dans leurs affaires, trougnou prend contact avec la voyante godetia, dont c’est la première apparition. celle-ci est accompagnée d’une étrange tête sauteuse, qui se nomme le pignou et dont le pouvoir est qu’il peut se transformer à volonté. le récit se termine — assez abruptement — avec patakès se croyant la proie d’un malfaiteur, alors que ce n’était que le pignou transformé. mis à part deux cases avec flouzemaker, aucun des personnages originaux de la série n’apparaît dans cet épisode somme toute quelque peu mineur.

S 2394; AS 173.

la dame en noir (1984, 22pl)

trougnou ayant trouvé refuge dans un château abandonné, il se fait passer pour prince et met à son service burokratz et le crapaud muhrmur. la bande est accueillie à bras ouverts dans le village (sibylline apprend même à burokratz à se faire ses propres tartes). puis, nouvelle tentative de croque-monsieur et zakouski de se débarasser de zabagor et de la malédiction qui va avec. pour ce faire, zakouski ramène la prostituée louella (la dame en noir du titre), censée empoisonner zabagor. évidemment, ça rate (grâce à la luciole, toujours là quand il faut). puis c’est le bal, et louella fait la rencontre de trougnou.


la dame en noir, planche 17B

attirée par la richesse supposée du «prince de schnapsbol», elle laisse tomber zabagor mais c’est trop tard: la malédiction a fait son œuvre, et son nez (museau?) devient soudainement énorme, ce qui, on en conviendra, n’est pas terriblement gracieux. cette histoire sera la dernière à être publiée en album.

S 2408; AS 174; T 11: sibylline et le kulgude (1985).

sibylline et le vase enchanté (1985, 15pl)

c’est l’hiver. flouzemaker inaugure son nouveau commerce avec une petite fête où tout le monde est convié. sibylline y achète un vase où est imprimée un zéladon noir. puis la vie normale reprend: il fait froid, chacun reste chez soi et croque-monsieur et zakouski se résignent à manger une nouvelle fois des pommes de pin bouillies, lorsqu’ils rencontrent le murmuhr, qu’ils décident de kidnapper.


le vase enchanté, extrait de la planche 4A

des équipes sont lancées à sa recherche mais ne reviennent pas (en fait, nos deux carnivores s’en font un garde-manger). sibylline, taboum et verboten décident d’agir — et c’est alors que quelque chose de très bizarre survient: soudainement, un brouillard se répand sur la lande et tout le monde s’endort. bien sûr, il s’agissait du vase au dessin de zéladon; le dessin se détache du vase et va rejoindre le grand zéladon noir pour l’avertir de grands ennuis sur la lande. sauf que ce n’était pas nécessaire de se déplacer: le grand zéladon savait déjà et même qu’il renvoie illico mirmy popcorn qui s’occupe de faire fuir les prisonniers et corriger les méchants. et cette fois elle reste pour de bon. «quelle chonce, c’est aujourd’hui dimonche.»

S 2440; AS 177.

tante mirmy popcorn (1985, 3pl)

ce court épisode a été fait dans le cadre d’une promotion du journal spirou intitulée «spirou, c’est chou». on pourrait donc s’attendre à un court récit sans conséquence mais, non seulement celui-ci s’inscrit dans le reste du Récit, il met en scène le retour d’anathème (absent depuis burokratz le vampire) qui, caché dans un chou, est découvert par mirmy popcorn qui le prend pour un bébé naissant. ce n’est pas un mauvais épisode mais son intégration dans une promotion sans rapport avec la série joue contre lui. à tout le moins, il sert à expliquer le retour d’anathème (voir plus loin).


tante mirmy popcorn, extrait de la planche 3

S 2451; AS 178.

flouzemaker et l’amour (1985, 10pl)

où flouzemaker, à la recherche d’une femme robuste et bien portante, s’amourache de mirmy popcorn. mais ce n’est pas réciproque, aussi, flouzemaker va voir godetia qui lui prépare un philtre d’amour. par un concours de circonstances que je vous laisse imaginer, nous retrouvons croque-monsieur (qui a avalé le philtre à la place de mirmy popcorn) tombé raide amoureux de flouzemaker déguisé en dame, et qui reçoit une raclée de mirmy popcorn pour finir. cette histoire bien bancale serait parfaitement «grotexte» si mirmy popcorn n’était aussi comique. visiblement, macherot s’en est entiché et il a raison.


flouzemaker et l’amour, extrait de la planche 2A

(à ce point-ci de la lecture, on peut constater que le Récit suit une logique de plus en plus décousue. les histoires deviennent prétextes à autant d’ambiances merveilleuses — certaines cases sont de véritables petits tableaux. en tout cas, les récits se laissent plus difficilement résumer.)

S 2454; AS 178.

sibylline et tanauzère (1985, 44pl)

un voyageur de commerce se retrouve cobaye pour une expérience de trougnou (qui en plus de prince de schnapsbol se fait passer pour hôtelier), expérience qui rate, bien entendu, et qui le transforme successivement en mite, puis en tarte, puis en tanauzère, «le démon de minuit». par vengeance, tanauzère revient à quelques reprises hanter son bourreau; lors d’une de ces excursions, il fera la connaissance d’arsène le lapin invisible (il reviendra), autre victime des expériences du prince de schnapsbol. ce dernier quémande les services du mystérieux gustave, sorcier qui parvient finalement à éliminer tanauzère, mais au prix de sa propre vie. sauf que tanauzère n’est mort que pour se retransformer en mite… et en voyageur de commerce. ce qui nous donne une jolie boucle qui se termine avec trougnou et sa bande fuyant leur repaire. tout au long de l’histoire, on verra verboten racontant ses mémoires à patakès, ce qui fournit le début d’un running gag que l’on retrouvera dans la suite. ce récit très éclaté est un petit bijou de bande dessinée absurde, truffé de scènes aussi hilarantes qu’inracontables.


sibylline et tanauzère, planche 34B

notons qu’il est assez difficile de voir le rapport, si seulement il y en a un, entre ce tanauzère et son homonyme tannhäuser, voire l’opéra wagnerien du même nom — quoique il y a bien une histoire, je dois retrouver laquelle, où sibylline siffle du meyerbeer qui, comme je ne le savais pas (n’étant pas féru d’opéra), fut après sa mort la cible des attaques anti-sémites du même wagner… de là à penser que macherot a enfoui dans son œuvre un épisode sordide de la petite histoire de l’opéra, il n’y a qu’un pas que je n’ai, bien entendu, aucune hésitation à franchir.

S 2463 à 2466; AS 179 à 180.

le retour d’anathème (1985, 20pl)

anathème, comme on se rappelle, se fait passer pour le neveu adoptif de mirmy popcorn depuis l’épisode nommé, tiens donc, tante mirmy popcorn. mais voilà qu’il décide de s’enfuir et, à la faveur d’un nouveau déguisement, il devient «l’impeccable guzu, marquis des griottes». tombant par hasard sur le repaire de trougnou, il lui vole quelques tartes, ce qui provoque l’ire du principal intéressé, qui jure de se venger de son voleur. pour ce faire, il décide de s’allier avec nul autre que croque-monsieur, que son collègue zakouski a laissé tomber (macherot sort l’artillerie lourde!).


le retour d’anathème, planche 15B

un peu plus tard, anathème/guzu découvre l’ancien manoir de trougnou (abandonné, on s’en souvient, à la fin du tanauzère) où, pensant trouver de l’alcool, il boit une potion qui le rend vert. il rencontre aussi arsène le lapin invisible (voir aussi le tanauzère), avec qui il s’allie afin de tromper la vigilance de croque-monsieur et de voler d’autres tartes. trougnou, dépité, va consulter godetia, qui lui donne une poudre ensorcelée, avec laquelle il conçoit un gâteau enchanté que nos deux voleurs s’approprient bien entendu. arsène mange une première pointe et se voit transformé en florquet des épilobes (insecte ressemblant étrangement à la coccinelle). l’impeccable gudu, dépité, voit l’automne et l’hiver passer, sans pouvoir voler à nouveau de tartes. en désespoir de cause, il offre ses services de garde du corps au prince de schnapsbol, qui l’engage… comme fou. ce ne sera pas sa dernière transformation.

S 2489 à 2490; AS 182.

mystère et frimas (1986, 15pl)


mystère et frimas, planche 1A

voici du grand macherot aux ambiances extraordinaires. c’est l’hiver, la nuit tombe, et la boule de cristal de godetia est devenue noire. voulant éclaircir ce mystère, godetia découvre dans des branchages les plumes noires d’askaragus, ce qui la plonge dans une grande crainte. le prince de schnapsbol est également effrayé par ce mauvais présage et se barricade dans son château. mais une feuille morte s’introduit dans le château et provoque un accident, que trougnou met sur le compte d’anathème, qu’il congédie sur le champ. laissé à lui-même dans l’hiver glacé, il gèle sur place. puis, la feuille morte quitte le château et se transforme en la sorcière zinnia, qui fait sa première apparition ici. la boule de cristal de godetia, qui est redevenue bavarde, la prévient qu’il y a sur la lande une sorcière plus forte qu’elle.


mystère et frimas, extrait de la planche 12A

puis, la neige fond et la sculpture de glace qu’était devenu anathème se transforme en florquet des épilobes. guidé par zinnia, il retrouve son ami arsène, qui avait également été transformé en florquet (voir épisode précédent). les retrouvailles terminées, zinnia se rend sur l’île de schmû et, aidée de sa magie, fait disparaître godetia, dont elle s’approprie alors le logis. mais la boule de cristal de godetia avertit zinnia: une autre sorcière est plus forte qu’elle! pourrait-il s’agir de…

S 2533 à 2534; AS 186.

sibylline et smiling emyle (1987, 10pl)

ce récit reprend où le précédent se termine. l’été est arrivé mais la boule de cristal acquise par zinnia continue de la prévenir: il y a une sorcière plus forte qu’elle sur la lande! pour la trouver, zinnia utilise une potion pour se transformer en le bellâtre smiling emyle. une seule habitante répond à la description de la boule de cristal: c’est sibylline. zinnia la capture aisément par hypnotisme et, pour la cacher, la transforme en grosse souris débile (!). taboum recherche sa belle partout, désespère de la retrouver vivante.


sibylline et smiling emyle, extrait de la planche 8A

mais smiling emyle, qui trouve cela bien amusant, reçoit soudain un nouvel avertissement de sa boule de cristal: cette fois, c’est «un» autre qui est plus fort que lui! accompagné de mirmy popcorn, taboum se rend sur l’île de schmû dans l’espoir d’y trouver l’aide de godetia: c’est smiling emyle qu’ils trouvent et, à la vue de taboum, sibylline reprend instantanément sa forme normale (ah! l’amour…). raclées de taboum et de mirmy popcorn s’ensuivent («tu perds ton tomps, je suis trop résistonte pour toi, chenapon!» désolé, je ne peux m’empêcher de rire à chaque fois). mise en échec de smiling emyle, alias zinnia que l’on croyait gentille…

S 2544; AS 187.

le chevalier printemps (1987, 6pl)

petite parenthèse comique. godetia revient au pays et retrouve son ancien logis, abandonné par zinnia (voir les deux épisodes précédents). sitôt arrivée, elle apprend le retour de springbizou, «le chevalier printemps de sa jeunesse», qui est toujours aussi épris d’elle. elle refuse toutes ses avances jusqu’à ce que ce qu’il se présente habillé en tenue de soirée. c’est alors le coup de foudre. «moralité: l’habit ne fait pas le bonheur, mais il y contribue.»


le chevalier printemps, planche 3A

S 2554; AS 188.

sibylline et le feu follet (1987, 10pl)


sibylline et le feu follet, extrait de la planche 1B

les deux florquets (anathème et arsène; voir mystère et frimas) ont créé une potion qui, ils l’espèrent, leur rendra leur forme originale. peine perdue: le marquis est devenu vert et son collègue s’est transformé en feu follet. par dépit, ils décident de se venger de trougnou, qui après tout est responsable de leurs récentes mésaventures. anathème y va pour les mesures radicales: il bouche le saxophone du prince de schnapsbol avec de l’herbe d’allikrop. mais la conjonction de l’herbe et du souffle de trougnou fait naître une flythe, qui est un autre genre de coléoptère, mais celle-là s’appelle alberte. anathème s’en éprend, sans succès (ce n’est pas une flythe comme ça) jusqu’à ce qu’il la sauve d’un enlèvement. ils tombent enfin amoureux et filent le parfait bonheur.


sibylline et le feu follet, planche 8B

pour épilogue, le feu follet, se sentant d’humeur sombre, sort sous la pluie et s’éteint et ne devient qu’un petit point noir dans la nuit… déprimé, il se retrouve au cimetière où il découvre un second feu follet, qui lui permet de se rallumer. cette expérience passée, il rentre au bercail et prendra sagement place au creux du foyer.


sibylline et le feu follet, extrait de la planche 10A

S 2567; AS 190.

sibylline en vacances (1987, 4pl)

dernière parenthèse de la série, prétexte à quelques gags avec sibylline, taboum et flouzemaker faisant du camping sur la lande. pas essentiel mais assez sympathique tout de même.

S 2569, AS 190.

sibylline déménage (1989, 44pl)

[reste à écrire…]

S 2668 à 2678; AS 200 à 201.

sibylline et le murmuhr (1990, 46pl)

[reste à écrire…]

S 2726 à 2735; AS 206.

les images dans cette page sont (c)1977-1990, raymond macherot et les éditions dupuis.

19 commentaires pour “guide de lecture: le grand récit fantastique de macherot”

  1. Raymond Says:

    Bravo et merci pour ce travail. Ces résumés se passent presque de commentaires, car ils démontrent bien la complexité de ces histoires.

    Je suis en train de terminer ma petite chronique sur Macherot qui sortira dans 2 jours. Je ne manquerai pas de me référer à ce précieux texte :-)

  2. petit david Says:

    Merci! En ce jour un peu triste où j’apprends le décès du papa de Sybilline, ça me fait un bien fou de retrouver la poésie de ses dernières aventures… Celle du feu-follet m’avait particulièrement ému à l’époque.

    Vivement une réédition… et merci encore *

  3. Le dernier blog » Blog Archive » Le dernier réaliste Says:

    […] Macherot a été contraint de refaire Chlorophyle. Il a donc crée donc une version féminine du personnage, l’insupportable souris Sybilline. Bourrée de bonnes choses, la série évoluera peu à peu vers une certaine noirceur (Burokratz le vampire, Le Violon de Zagabor,… On trouvera un guide de lecture pour cette période sur le blog de David Turgeon) et un trait de plus en plus relâché. Il a eu d’autres séries mais aucune ne m’a intéressé et je n’ai pas grand chose à en dire : le chat Mirliton, le Père la Houle, Clifton, Mulligan. On dit que Macherot se moquait totalement de ce qui pouvait advenir de son oeuvre. Elle est pourtant brillante et mérite d’être proprement et intégralement rééditée. On pourrait d’ores et déjà faire un superbe livre qui ne contiendrait que les couvertures de Macherot pour Tintin, car elles étaient formidables. […]

  4. Delan Says:

    Fantastique travail pour aider à redécouvrir tout ce versant ( hélas déclinant) de l’oeuvre de Macherot.
    BRAVO , BRAVO , BRAVO.
    Quelqu’un (suivez mon regard…?) a scanné et mis en partage sur emule l’intégralité des récits de Sibylline parus dans Spirou. Qu’il en soit ici remercié.
    Mais pourquoi oublier Pantoufle qui accompagne Sibylline dans ses premiers pas et a connu quelques aventures inédites en album et donc difficiles à trouver.
    A quand les scans des aventures de Pantoufle ? (J’ai mis sur emule un scan partiel - il me manque une page- de l’épisode scénarisé par Goscinny)
    J’allume un cierge.

  5. Dom Says:

    Grand merci pour ce fabuleux travail de reconstitution de l’oeuvre de celui que je considère depuis longtemps comme un génie de la BD franco -belge.
    Macherot c’est plus qu’une oeuvre, ce sont des moments de poésie et d’émotion inégalés.
    Essayez simplement de contempler ( non le mot n’est pas trop fort) une scène de nature dessinée par Macherot et de vous laisser aller….Au bout de quelques secondes vous sentez les odeurs de l’herbe chauffée par le soleil, le “glou glou” du ruisseau et le bourdonnement des insectes ( toujours présents dans ces scènes ).
    Quel génie que le sien dans sa manière simple mais efficace de représenter les ombellifères ou les jonquilles en pleine floraison, résultat de la fine observation d’une nature qu’il connaissait si bien et qu’il aimait tant
    Cette liste d’épisodes ne serait pas complète sans la mention des couvertures des hebdomadaires Tintin et Spirou que Macherot a dessinées avec le talent inimitable qui est le sien.Comment rester insensible aux scènes de Noël ( numéro 374 (France) du 22 décembre 1955 ou du n°51 ( belge) du 22 décembre 1960) ou du retour du printemps (n°11 (belge) du18 mars 1959 ) par exemple?
    Quant à la “volée de bois vert” que prend la ré-édition des trois premiers albums (ex-série verte) de Macherot faite par le Lombard, je dirais simplement, au risque de déplaire, que cela vaut mieux que rien du tout.Qui de nos jeunes lecteurs ( ou même les plus anciens) peut se permettre aujourd’hui de payer 400 €, voire 600€ ( prix vus lors de bourses de BD l’an dernier) pour une édition originale ? Macherot est devenu “à la mode” et comme ses albums sont devenus rares, victimes du temps ou de l’indifférence, une mauvaise créature est venue fourrer son vilain museau dans un domaine qui à première vue n’était pas le sien .Je veux parler de la……… spéculation.
    Certains “collectionneurs” ne voient dans ces albums qu’une occasion de faire de juteux placements et se moquent comme d’une guigne de leur contenu, privant les vrais amateurs aux moyens plus limités du plaisir de feuilleter avec respect ,eux, les bandes dessinées tant recherchées.
    Les éditions Flouzmaker ont ( paraît-il ?) racheté les droits d’auteur des oeuvres de ce dessinateur exceptionnel. Espérons qu’ils auront l’idée formidable de ré-éditer les albums à partir des films originaux.
    C’est bien le moins que l’on puisse offrir à Macherot qui a, dans son sommeil, une certaine nuit de septembre 2008, rejoint sa femme Josette et le petit monde qu’il aura créé à partir de sa planche à dessin, au paradis des dessinateurs de BD.

  6. david t Says:

    une petite note pour répondre aux deux derniers commentaires reçus: par rapport aux épisodes de pantoufle et des couvertures de tintin et spirou, il vaut mieux se reférer au site bdoubliees.com, ou bien à la monographie de macherot parue chez l’éditeur mosquito, qui contient une liste très complète de tous les récits réalisés ou co-réalisés par macherot ainsi qu’une très belle sélection de couvertures.

    ici je n’ai voulu que démêler et résumer le «grand récit fantastique» qui est une partie méconnue de l’œuvre de macherot. il ne s’agit même pas de l’intégrale de sibylline.

  7. Dom Says:

    Merci de retirer l’adresse internet qui apparait automatiquement quand je me connecte sur le site.

    Dom

  8. david t Says:

    les détails personnels ne sont pas conservés sur le site, c’est fort probablement votre navigateur qui s’en souvient pour vous au moment de laisser un commentaire.

  9. JM Says:

    Merveilleux travail, David !! félicitations ! “Le Grand récit fantastique” a bercé mon enfance et laissé de forte traces, car c’est une oeuvre poétique et fantastique dont on ne ressort pas indemne… je garde précieusement mes albums de Spirou rien que pour cela !
    Juste un point, sauf erreur [vous m’excuserez si je me trompe] : vous ne parlez pas de “Sibylline et l’Aéro Camelot” ? n’est-ce pourtant pas la dernière histoire du cycle écrite par Macherot ?

  10. david t Says:

    en effet mais je connaissais pas l’aéro camelot jusqu’à tout récemment. cette page n’est pas terminée de toute manière, comme vous l’avez sans doute remarqué: il manque les deux derniers «grands» épisodes, sibylline déménage et le murmuhr. il faudrait bien que je m’y remette! :) merci en tout cas pour les encouragements.

  11. Croque-Monsieur Says:

    C’est génial, David. C’est très bien fait, j’adore.

    Le fait de mettre des extraits de chaque épisode, une case par ici, une autre par là, ça décuple le mystère qui englobe cette œuvre, et moi, ça me fait rêver.

    J’espère que tu termineras les trois derniers épisodes et que tu rajouteras “L’aérot camelot”, dont il y a beaucoup à dire, notamment sur le dessin qui explose comme une peinture de Séraphine Louis, Macherot retrouvant l’enfance dans son dessin et bouclant ainsi la boucle. Les compositions de cases dans cet ultime épisode sont fascinantes.

    Sibylline déménage est parmi mes préférés. Un peu “à part” dans le Grand Récit Fantastique”, tout en y étant bien à sa place. La dernière case de la première page de cet épisode me fait rêver : tout un monde qui s’ouvre en sortant de l’ombre.

  12. david d Says:

    Que pensez vous de l’ambition de Casterman qui promet “pour la première fois, l’édition définitive en cinq volumes façon vintage de l’une des créations majeures du génial Raymond Macherot.” Peut-on espérer ce qui est tant dû, ou bien craindre un nouveau massacre. Comme l’imprimait l’éditeur belge à une certaine époque, à suivre…

  13. david t Says:

    pour dire vrai, je n’en pense trop rien, j’attends de voir. je trouve surtout dommage que le grand récit fantastique ne soit pas mieux isolé, car il est vraiment une «œuvre dans l’œuvre» au sein de la série sibylline, et à mon avis s’adresse à un lectorat différent. le mêler au reste (autant les premiers tomes à la chloro que la période dépressive avec deliège) ne gâche rien à proprement parler, mais n’ajoute rien non plus. on est encore dans une logique d’édition commerciale de base, sans imagination. le service minimum, quoi. mais bon, on risque de m’accuser de cracher dans la soupe si je continue…

  14. clement Says:

    Hélas, triple fois hélas. J’ai eu l’occasion de lire la première intégrale et ce n’est pas encore aujourd’hui que l’oeuvre de Macherot sera respectée.
    L’objet est assez beau mais l’impression catastrophique. Je n’ai pas les termes techniques mais soit l’encre bave, soit le trait est fantomatique. Certaines cases donnent l’impression qu’un calque a été posé sur le dessin et décalé à l’impression. Bref, tout l’encrage magnifique de Macherot est ruiné.
    Le dossier est constitué de contenu de livres déjà parus. Les couleurs “vintage” sont en fait exactement les mêmes que les versions albums à quelques détails près. Pour finir, l’encrage de certains phylactère n’est parfois clairement pas du fait de Macherot. Censure de Spirou telle que celle du chinois à deux roues de Tillieux? Mystère. En tous cas pas question de les retoucher apparemment.
    Tout cela est extrêmement déprimant. On savait les films de Chlorophylle flingués, en serait-il de même pour Sibylline?
    Par contre l’impression exigeait juste un regard averti, elle est ici inférieure à celle des spirou ou des albums.

  15. jcpol Says:

    Bonjour,
    j’ai adoré votre article paru dans Bananas. Je l’ai relu hier soir avec autant d’intérêt que la première fois.
    Je suis très heureux de pouvoir lire (ou relire) la saga de Sibylline en intégral chez Casterman, et dans l’ordre chronologique. Tout n’est pas gâché, mais le fait est que l’impression sur certains épisodes est déplorable (j’ai l’impression de pouvoir faire mieux avec mon pauvre scan).
    votre blog est très sympa, je penserais à le mettre en lien sur le mien,
    merci,
    jean-Christophe Pol.

  16. Delalande ou Dezoolande Says:

    Nous en sommes - enfin - en 2013 au tome 3 de l’intégrale de Chlorophylle.

    N’ayant pas suivi la série à l’époque, j’ai moins accroché aux aventures de la petite Sibylline que vous aimez tant. Par bonheur, il reste le grand Chaminou pour nous mettre d’accord.

    Les coloris ne sont pas toujours fameux, je l’admets volontiers, mais cela s’expliquerait par le fait que les films de certains récits se sont perdus (pour Chloro).

    Les éditeurs des intégrales n’ont peut-être pas pu reproduire certaines planches comme ils l’auraient voulu. A cause des droits d’auteur ?

  17. Delalande ou Dezoolande Says:

    D’autres belles choses sur :

    http://macherotbd.free.fr/1.htm

  18. Delalande ou Dezoolande Says:

    Et ceci :

    http://www.francois-corteggiani.com/article-macherot-77006956.html

    http://www.francois-corteggiani.com/article-macherot-2-77245404.html

    http://www.francois-corteggiani.com/article-macherot-3-77463452.html

    http://www.francois-corteggiani.com/article-macherot-4-78306416.html

  19. matt duncan Says:

    Merci! J’espère que vous pouvez terminer cet article avec le reste de son oeuvre…

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