la nuit fantastique de macherot

Tuesday, July 29th, 2008, 0:20

l’autre jour, je tombe sur un exemplaire usagé de sibylline et le kulgude, onzième et dernier tome de la série. ça faisait très longtemps que je n’avais pas lu du macherot; après avoir trouvé une bonne partie de ses albums, je me rendais compte que le reste était extrêmement rare et je n’espérais plus grand chose des bouquinistes, sinon une trouvaille par-ci, par-là. j’ai donc pris ce kulgude un peu sans y penser, pour compléter ma collection, m’attendant en gros à y trouver un macherot en déclin, sympathique mais dont le meilleur serait derrière lui.

après lecture, j’ai dû me rendre à l’évidence que je m’étais trompé. outre que je reconnaissais bien le style de macherot, j’ai été frappé par l’originalité, sinon l’incongruïté de l’histoire par rapport au reste de la série sibylline. là où on avait, dans les années 1960-70, des aventures assez «classiques», basées sur les jeux de pouvoir, truffées de sous-entendus politiques (proches du modèle chlorophylle), voilà que les années 1980 faisaient la part belle au fantastique, délaissant même nos protagonistes: sybilline et taboum sont des spectateurs passifs, le gros de l’histoire se déroule à leur insu; flouzemaker est ce qui se rapproche le plus d’un «héros» conventionnel mais son apport est limité. la série a été radicalement transformée mais comment? et quand?

je me rendais compte que j’avais trop vite lu élixir le maléfique (#7) et burokratz le vampire (#8). chronologiquement, ces deux tomes correspondent, rappelons-le, au «retour» de macherot suivant une période de dépression de quelques années où il travailla uniquement sur des scénarios de deliège. j’avais bien remarqué, lors de ma lecture, combien ces tomes étaient «sombres» et inquiétants. c’est entre autres là que l’univers de sibylline commence à se transformer et que flouzemaker devient, graduellement, le véritable héros de l’histoire. le chapeau magique s’intitulait d’ailleurs à l’origine (comme je l’apprendrais plus tard) «flouzemaker et le chapeau magique».

comme il me manquait toujours les tomes 9 et 10 (le chapeau magique et le violon de zagabor) pour faire le lien avec le kulgude, j’ai décidé de faire quelques recherches sur internet, notamment la page consacrée à sibylline sur le site BD oubliées (très pratique pour ce genre de recherches). l’auteur du site divise sibylline en trois périodes, la première étant limitée aux deux tiers du #1 (la betterave), la seconde allant jusqu’à sibylline et les abeilles (#3) et la troisième période voyant la série, selon ses mots, «basculer dans le fantastique».

cette page web se poursuit avec une liste de personnages présentés dans l’ordre d’apparition. passés zagabor et le kulgude, je commençais à me poser des questions: mais qui est donc «mirmy popcorn»? «godetia»? «le mystérieux gustave» (qui «porte sur la tête une pierre qui symbolise la somme des problèmes de l’étrange qu’il a réussi à résoudre»)? «l’ombre au masque blanc»? attendez, mais d’où sortaient donc tous ces personnages formidables?

avant de continuer, il faut souligner que sibylline est souvent considérée comme le «parent pauvre» des trois grands personnages de macherot, n’ayant ni la complexité ni l’élégance de chlorophylle ou de chaminou (ce dernier, avec son unique album, a connu une fortune critique bien plus grande que sibylline). en comparaison, sibylline apparaît comme «dérivatif» ou, pire, comme un voie de garage, le déclin suivant la gloire et l’attitude critique à son endroit est souvent plus «respectueuse» qu’élogieuse: en gros, sibylline, c’est mignon et puis voilà.

la réalité est que le seul moment où on aurait pu accuser sibylline de n’être qu’une «pâle copie» de ses illustres prédécesseurs, c’est pendant les trois premiers albums qui, d’ailleurs, sont tout à fait comparables au khrompire ou aux croquillards si vous voulez mon avis. les albums suivants, avec deliège, ont pu paraître inférieurs; ils sont surtout plus gentils, plus enfantins. ces histoires commencent à intégrer la magie et le fantastique mais de façon progressive, si bien qu’il est possible de ne jamais remarquer le radicalisme du changement une fois qu’il est consommé. une fois remis de sa dépression, quand macherot reprend le scénario, plutôt que de corriger la pente fantastique, il l’accentue et très rapidement, c’est l’univers de sibylline qui se modifie de fond en comble, jusqu’au point où il ne s’agit plus d’histoires d’animaux mais, carrément, de la vie (et la mort — parfois) de créatures fantastiques sans équivalent dans la bande dessinée.

sibylline, dans ce sens, est une série tout à fait originale, peut-être la plus originale qu’ait commis macherot.

cette pente fantastique est à l’oeuvre dans les albums à partir d’elixir et on peut être pardonné de croire qu’elle s’arrête, peut-être par dépit, avec le kulgude, ce qui montrerait un auteur poussant progressivement vers le fantastique sans être allé véritablement jusqu’au bout de son idée. erreur! macherot a continué… suivant le kulgude, il a publié pas moins de 261 pages supplémentaires dans spirou (je me suis fait une feuille de calcul exprès pour compter), pages qui n’ont jamais vu de publication en album. là-dessus, trois histoires d’au moins 44 pages, donc d’un format normal d’album. il s’agit de sibylline et tanauzère (1985), sibylline déménage (1989) et le récit final, sibylline et le murmuhr (1990), dernière bande dessinée de macherot avant sa retraite définitive de la table à dessin.

ces 261 pages constituent presque uniquement une seule et même histoire, elle-même constituant la suite de ce qu’il convient désormais d’appeler le Grand Récit Fantastique de macherot, débutant grosso modo avec elixir (et peut-être avant; on débattra des détails plus tard). en effet, remettez ces récits dans l’ordre (tels qu’ils sont rarement présentés dans les albums) et la continuité est non seulement évidente, mais elle s’éclaire elle-même.

une fois qu’on sait tout cela, et qu’on sait que la majeure partie de ce Grand Récit (qui cumulerait donc plus de 460 pages au total) est restée inédite en album, deux questions se posent: comment retrouver ces récits? et est-ce que ça en vaut la peine?

pour répondre à la première question, il suffit de se munir d’un ouvrage indispensable, soit la monographie de douvry et mercier parue chez l’éditeur mosquito. cette monographie comprend, en annexe, une bibliographie complète avec toutes les histoires, y compris les numéros de spirou où elles ont paru la première (et souvent la seule) fois. on sait, de plus, que ces numéros ont été par la suite compilés en albums spirou (c’est facile, on peut retrouver les correspondances entre revue et album sur BD oubliées). bref, avec un peu de méthode, on se retrouve avec un grand tableau où on peut localiser, pour chaque histoire, le numéro de la revue, de l’album spirou, et finalement (s’il y a lieu) de l’album dupuis où elle se trouve.

(je compte publier ma version de ce tableau d’ici peu, question de vous aider dans vos propres recherches.)

pour ce qui est de la deuxième question: si vous avez été piqué par le charme indescriptible d’elixir le maléfique, du chapeau magique ou du kulgude, alors oui, vous devez absolument lire tout ce que vous pouvez trouver dans cette veine, y compris la partie inédite de l’oeuvre. et même, oserai-je le suggérer: surtout la partie inédite. l’erreur, en effet, serait de vouloir résumer l’œuvre entière par sa partie congrue. je sais, rien de plus frustrant que de laisser entendre que le meilleur d’une œuvre est, surprise, tiens donc, la partie jamais éditée. on ne gagne rien à prendre la rareté pour un gage de qualité. il faudrait revenir un jour sur les véritables raisons ayant mené dupuis à confiner macherot aux seules pages de son journal, la réalité est que macherot y a commis une œuvre extrêmement subtile, une fantaisie hautement personnelle, un moment d’intimité et de proximité avec un monde intérieur dont n’étaient auparavant montrées que des traces.

dans ce monde, sibylline, taboum et flouzemaker ne sont plus que des passants. c’est à leur insu que se déroulent la majeure partie des événements, et pourtant leur présence sert à ancrer l’histoire, à lui donner le prétexte nécessaire à partir en vrille. dans ce monde magique, les personnages «secondaires» ont une existence bornée mais souvent précaire: quand ils ne meurent pas (parce qu’on compte plusieurs morts violentes chez macherot!), c’est qu’ils se transforment, voire qu’ils deviennent carrément un autre personnage. quant aux «intrigues», disons-le, elles sont inexistantes: l’histoire suit sa propre logique imprévisible où primauté est donné au mystère. dans certains cas, on croirait que macherot fait, pour ainsi dire du mystère pour le simple plaisir du mystère. ce n’est pas un reproche: pour entretenir le mystère et garder son lecteur captif, macherot est bien obligé d’inventer les scènes et les personnages les plus étonnants, si bien que le lecteur se retrouve projeté de surprise en surprise.

et le mystère, chez macherot, est total: tout au plus trouvera-t-on dans la nuit fantastique (1983) une «explication» de l’apparence étrangement humaine de certains nouveaux personnages. le reste des phénomènes est simplement montré de manière brute, sans excuses. lors de conflits, les «héros» étant réduits à l’état de décor, ce sont d’autres êtres fantastiques qui mèneront l’aventure à son terme, remettront les choses en place, non sans avoir transformé tel personnage, tel élément du décor.

un tel degré de fantaisie évoque en fait davantage philémon, hypocrite ou m le magicien que ce qu’on s’attendrait à trouver dans le journal de spirou. mais dans sa liberté merveilleuse, dans son sens du poétique, et surtout dans sa sublime étrangeté, c’est de krazy kat que cette période de macherot se rapproche le plus. sans bien sûr «copier» d’aucune manière krazy kat (qu’il n’est même pas certain que macherot connaissait ou appréciait) le dernier macherot suit une courbe très similaire à celle du dernier herriman, celui de la couleur. même lenteur, mêmes silences, même épure, même propension au non-dit, même perplexité devant l’étrange, même obstination à creuser son sillon, même efficacité du crayon, même évidence de la mise en scène, même «oubli du lecteur» chez le macherot de mystère et frimas et du feu follet que chez l’herriman des dernières années. (sans parler de l’étonnante ressemblance de ces deux avatars du gendarme de guignol: offissa pup et le brigadier verboten…)

et, comme l’œuvre d’herriman, celle de macherot est en grande partie cachée: difficile à éditer, aussi, car elle est vaste. plus que jamais dans ce Grand Récit Fantastique, macherot fonctionne sur le mode du feuilletonniste et le jeu des combinaisons peut donner l’impression de redites.

considérer le Grand Récit Fantastique (je ne m’en lasse pas) dans son ensemble permet au contraire d’apprécier autant l’ampleur du projet que l’étendue et l’originalité des variations, découvrant ainsi ce qui m’apparaît aujourd’hui comme un véritable chef-d’œuvre caché qui empêche de cantonner macherot dans le seuls registres animalier et moraliste: il y a bien deux macherot, et si le premier nous a donné une grande méditation comique sur le rapport prédateur/proie, le second a apprivoisé par la «magie du dessin» des nuits fantastiques peuplées de démons qu’il était seul à connaître.

PS: et si vous n’êtes pas tanné(e) de me lire, sachez que j’ai autrefois fait état de mon innocente (re)découverte de macherot dans le cadre de quelques posts sur ce même blogue. inutile de vous dire que les œuvres de macherot sont très difficiles à trouver en librairie. bonne chance dans vos recherches!

les couvertures d’album sont empruntées au site bulle d’air, le reste provient de BD oubliées: deux excellents sites de référence. images copyright macherot.

15 commentaires pour “la nuit fantastique de macherot”

  1. Raymond Says:

    Bravo pour votre article, qui évoque de façon intelligente la période “difficile” de la carrière de Macherot. Difficulté de se les procurer bien sûr (aussi bien les albums que les Spirou) mais aussi de les comprendre. La lecture de Sybilline et Tanauzère par exemple m’avait plutôt laissé perplexe, et il en est de même de la Nuit Fantastique (est-ce pour cela que ces récits n’ont pas étés repris en albums ?). Dans cette dernière période de Sibylline, Macherot sort complètement des conventions du récit animalier.
    J’avoue toutefois un léger sentiment de frustration, car j’avais le projet d’écrire une petite chronique du Violon de Zagabor (un petit chef d’oeuvre) dans mon blog. Maintenant, je n’oserai plus ;-)

  2. a_dontigny Says:

    encore une fois, je n’en reviens pas d’avoir lu avec autant d’intérêt sur un sujet qui me laisse pourtant relativement indifférent (je reste un total néophyte de la bd, et le dessin de macherot m’agace). c’est que ta passion critique est si bien communiquée…! david turgeon, le nouveau northrop frye!

  3. Josiane Says:

    Je crois que les récits de Macherot ont une apparence un peu “désordonné” surtout et parce qu’on les lit habituellement dans le désordre. Suite à notre “chasse au trésor” pour récupérer les albums et les revues Spirou, je me suis délectée, dans l’ordre chronologique, de tous ces inédits.
    Ces histoires, qu’on pourrait qualifier de “chapitres” dans ce grand récit fantastique (pour reprendre l’expression de David), se suivent, ont des liens entre elles, se répondent les unes aux autres.
    Il ne faut pas non plus oublier que les récits publiés en albums séparés ne correspondent pas à la chronologie de publication dans la revue Spirou, et qu’il faudrait un sérieux travail de réédition (et d’édition tout court) pour nous permettre de bien profiter de cette oeuvre monumentale et d’en comprendre la logique interne, passée la première surprise causée par l’abondance du fantastique.

  4. david t Says:

    raymond: oui, ces histoires provoquent la perplexité, mais c’est le prélude à un changement dans notre propre mode de lecture; macherot fait des «chemins qui ne mènent nulle part» (pour abuser de l’expression d’heidegger), en l’occurence c’est ce «nulle part» qui devient le sujet de lecture. c’est le propre du poétique que d’être «sans but», cette oeuvre l’est, complètement. et c’est pour cela qu’elle est difficile et c’est sans doute pour cela que dupuis s’en tenait à un soutien de principe dans le journal de spirou. (mais comme josiane le souligne, il y a une continuité dans les histoires qui fait qu’elle semblent beaucoup moins bizarres lorsqu’elles sont lues ensemble.)

    mais, de grâce, ne vous empêchez pas d’écrire sur le violon de zagabor, que je cherche toujours. il me fera plaisir de vous lire. et je pense qu’il faut remettre, régulièrement, macherot à l’ordre du jour. je ne sais pas ce qu’il faudra pour provoquer des rééditions longtemps désirées mais ça ne nuira sans doute pas.

  5. david t Says:

    (n’écoutez surtout pas a_dontigny, il n’a même pas lu northrop frye. :)

  6. a_dontigny Says:

    @david_t: alors qu’on me trouve un autre exemple d’un québécois qui a influencé la critique littéraire à l’échelle internationale! ;)

  7. thierry martin Says:

    Salut,
    Je me souviens petit, j’ai eu l’occasion de lire quelques Sibylline et ce qui me reste de cette lecture c’est que j’étais aspiré par l’univers, et je pense qu’il y a du Macherot dans mon travail sur Renart.
    J’aimerai aujourd’hui reprendre la lecture de certain de ces albums, lesquels me conseilles tu et aussi d’après ce que j’ai cru comprendre peut on ce les procurer ?

    Merci

    Thierry

  8. david t Says:

    bonjour thierry; j’aimerais beaucoup te dire que tu n’as qu’à te présenter chez ton libraire du coin mais ce n’est pas vraiment le cas. cela dit, on dirait que les éditions flouzemaker travaillent à rééditer peu à peu sibylline (en parallèle avec la reprise de taymans). le #3 de la nouvelle série s’intitule la lande aux sortilèges et ce serait une réédition de l’album dupuis le petit cirque. tout pour bien compliquer les choses! au moins c’est un début.

    sinon, il faut fouiller les brocantes et les greniers (en se croisant pas mal les doigts), ou bien il faut être prêt à dépenser de grosses sommes sur ebay ou ailleurs (macherot est assez hautement coté au BDM). tu peux aussi t’amuser à collectionner les revues et albums spirou correspondants, en t’aidant du site BD oubliées qui les a tous recensés.

    de macherot, tu peux aussi trouver la très inadéquate réédition des trois premiers chlorophylle, dans la collection «millésimée» au lombard. il s’agit en fait d’une réédition d’une réédition, le trait et la couleur sont très moches et le lettrage a été refait par un mystérieux tâcheron, manifestement d’après la traduction en néérlandais. (une analyse de cette réédition ici et un billet d’humeur de cornélius sur le même sujet) plus intéressant, mais plus difficile à trouver aussi: la compilation chlorophylle à coquefredouille, parue au lombard dans la collection «les classiques du rire», qui comprend quatre excellents épisodes de cette série. vu qu’il est récent, il doit encore se trouver en librairie d’occasion mais encore là…

    bref, macherot est très, très mal édité…

    cela dit, pour revenir à sibylline, je te conseille de trouver d’abord les trois premiers (sibylline et la betterave, sibylline en danger, sibylline et les abeilles), tous trois excellents, de la bande dessinée à la fois classique et moderne, très maîtrisée.

    pour ce qui est de la période fantastique, dont je parle dans ce post, je dirais que tous les épisodes (en album ou inédits) à partir de elixir le maléfique sont recommandables, l’idée étant de les trouver tous. :)

    on semble encore loin, malheureusement, d’un travail de réédition exhaustif et intelligent. au contraire, l’œuvre s’éparpille…

  9. thierry Says:

    Merci pour toute ces infos, je vais commencer mes recherches et faire au mieux.
    il semble que la compilation “chlorophylle à coquefredouille” peut se trouver facilement, pour le reste et bien ce sera au petit bonheur la chance.

    bien a toi et encore merci

    Thierry

  10. Raymond Says:

    La politique éditoriale de Flouzemaker m’inspire des craintes, car leur unique réédition de Sibylline ne reprend pas en entier “le Petit Cirque”. C’est peut être une question de format (car l’édition originale faisait plus de 44 pages). Il ne faut pas attendre d’eux un grand album qui reprennent toute la dernière période.

    Sinon, j’ai moi aussi lu ce “Grand récit fantastique” (belle expression) dans le journal Spirou (mais ma collection incomplète s’arrête vers 1990). J’ai essayé de suivre l’ordre chronologique, et il est vrai que c’est indispensable pour comprendre certaines histoires. Beaucoup d’événements ou de personnages des récits précédents sont réexploités, et ce n’est pas facile à suivre. De plus, la fantaisie du narrateur ne facilite pas les choses, et au bout d’une après-midi à explorer toute cette saga, je me suis senti un peu perdu. La lecture est dificile et c’est un paradoxe, car cette série est conçue pour les enfants. Cette oeuvre se révèle en fait exigeante, et plutôt susceptible d’intéresser les adultes.

    Le Violon de Zagabor est beaucoup plus simple à suivre. L’histoire se rapproche beaucoup des Croquillards. On y ressent la liberté de l’auteur, qui raconte cette histoire très simple avec une férocité joyeuse. Il n’y a pas besoin de lire les autres albums pour la comprendre, et c’est probablement pour cette raison que je l’ai beaucoup appréciée. J’en parlerai certainement dans ma chronique, mais il me faudra 3-4 semaines, car j’ai d’autres travaux en cours (et j’écris lentement).

    A bientôt.

  11. yakabd Says:

    Bravo pour cette analyse $ô combien pertinente du Macherot fantastique. j’ai plusieurs planches originales de Mystère et frimas, et je vous garantis qu’avec leur encrage charbonneux, leur effet de neige, les personnages inquiétants … c’est du très bon Macherot, et vraiment plus original sans doute que dans des périodes plus “réputées”.

    J’essaie de vous mettre un lien vers une de ces planches :

    http://www.yakabd.com/images/o_macherot_sibylline_mystere_pl4_m.jpg

    Et rêvons ensemble qu’un éditeur fou sorte en un volume costaud la totalité de ce Grand Récit Fantastique (effectivement une bien belle appellation)

  12. david t Says:

    raymond: ce que je comprends des nouveaux tomes de sibylline, c’est qu’ils font tous 30 pages. «la lande aux sortilèges» (l’histoire principale du petit cirque) fait, coïncidence, exactement 30 pages. «la baguette rose» en fait 14… et voilà comment un 44 pages dupuis devient un 30 pages flouzemaker. un peu dommage quand même.

    (ce qui est bizarre c’est qu’il n’y a pas beaucoup d’histoires de macherot qui font 30 pages pile, et certaines sont plus longues, ce qui limite pas mal le potentiel de réédition… en fait je ne vois pas trop où ils veulent en venir avec cette projet.)

    yakabd: jolie planche!

  13. Li-An Says:

    Mon premier commentaire ici :-)
    Je suis assez d’accord avec David T sur le choix des Macherot. Il semblerait que le Lombard ait en projet de rééditer la réédition des premières aventures de Chorophylle suite au succès du recueil et des critiques reçues (je dis tout ça avec des pincettes).
    Moi aussi je suis assez perplexe devant la partie “fantastique” Macherotienne (il faudrait que je vérifie mais je dois en avoir la plus grande partie dans ma collec de Spirou) qui m’a fait moins rêver que Chlorophylle ou Chaminou (que j’ai découvert de toute manière tardivement). Il faut dire que son dessin devient très “plat” se dégageant des contraintes des perspectives, voire mou.
    Le thème de la transformation est classique chez Macherot (les vilains passent souvent par les mains de chirurgiens plastiques) mais dans cette dernière ligne droite, il se laisse aller en roue libre. Je ne trouve pas que ça jure avec le journal Spirou, il y a eu de nombreuses histoires farfelues dans ce magazine (Devos est un parfait exemple d’auteur “étrange”).
    Enfin, je terminerai en disant qu’il vaut mieux éviter la deuxième période au dessin un peu navrant suite à ses problèmes de santé.

  14. david t Says:

    tiens tiens, voilà li-an qui débarque! :)

    quand tu parles de la deuxième période de sibylline, tu veux dire les albums avec deliège?

    effectivement, devos (dont j’ai toujours passionnément détesté génial olivier) est sûrement à redécouvrir pour ses histoires SF/fantastique au graphisme extrêmement bizarre. mais je ne suis pas rendu là.

  15. nezdecirque Says:

    depuis que j’ai redécouvert macherot, j’achète des albums spirou disparates dont le seul lien sont les histoires de sibylline: un vrai régal surtout dans le fantastique débridé des dernières. Je ne vais pas manquer le Godetia de Taymans qui sort ce mois-ci. J’ai d’ailleurs recherché et noté (via BD oubliées) tous les n° d’album spirou avec les titres , y compris au début le chaminou !
    album 92 à 95, chaminou
    album 99 à 100, sibylline et la betterave
    ….
    album 173, patakes et le pignou
    174 la dame en boir
    177 sibylline et le vase enchanté
    ..
    179 et 180 sibylline et tanauzère
    ..
    186 mystère et frimas
    187 sibylline et smiling eyes
    ..
    200 et 201 sibylline déménage
    206 sibylline et le murmuhr: ma collection de spirou !
    Que de personnages, quelle galerie de noms plus enchanteurs les uns que les autres
    Que du plaisir et du réve éveillé
    Merci Mr Macherot